Intégration et concertation de projets agroforestiers et de développement durable dans la province du Chimborazo

Juillet 2011 à juin 2014

Le Centre de solidarité internationale du Saguenay-Lac-Saint-Jean vient de terminer un projet dans la province du Chimborazo, en Équateur. Ce projet qui a pris fin en juin 2014, a permis d’améliorer les conditions de vie des populations rurales des cantons de Colta et de Guamote. Voici plus de détails sur ce projet.


jardins familiaux

Jardins familiaux

transfert

Transfert de connaissances avec Eurêko et Groupe Nippour en avril 2012

bénéficiaires

Des bénéficiaires du projet dans la province du Chimborazo

salades

Une femme qui part vendre ses légumes biologiques à la Feria solidaria

foire

Inauguration des bassins de truites à Varaspamba

voyage

Voyage d’échange et d’observation en Juillet 2012


Objectifs du projet

Le projet a permis, depuis 2011, d’améliorer la souveraineté et la sécurité alimentaires de 500 familles grâce à l’éducation et la sensibilisation environnementale locales, ce dans le but de prévenir l’érosion et la perte de fertilité des sols cultivables et cultivés. Il s’adressait plus spécifiquement aux populations de 18 communautés situées dans deux zones de bassin versant de la province du Chimborazo, soient celle de la rivière Pangor (paroisse de Juan de Velasco, canton de Colta) et celle de la rivière Cebadas (paroisse de Cebadas, Canton de Guamote). Il a été réalisé et coordonné en partenariat avec les autorités équatoriennes paroissiales, cantonales et provinciales.

Par la concertation de quatre organismes partenaires,  du Nord (CSI, Eurêko ! et le Groupe Nippour) et du Sud (Fondation MARCO), un transfert de connaissances et de compétences a permis un renforcement des capacités d’intervention pour les travaux terrain et pour la mise en place de politiques municipales et provinciales de gestion durable des ressources naturelles. Enfin, les activités de production agroécologique et de commercialisation solidaire ont contribué à une croissance économique durable pour les 500 familles bénéficiaires.

De plus, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, plusieurs activités de sensibilisation, dont deux campagnes dans les écoles, ont permis d’informer les jeunes sur les impacts de nos projets en Équateur et de les inciter à s’engager dans des activités de solidarité internationale. Ces tournées de conférence dans les écoles secondaires incitent plusieurs jeunes à s’inscrire à des stages de coopération internationale qui ont lieu dans nos pays d’intervention.

Stratégie de développement

Le projet a été mis en œuvre par notre partenaire équatorien Fondation MARCO, dont les bureaux sont situés à Riobamba, la capitale de la province du Chimborazo. La participation et l’implication des populations bénéficiaires est une constante préoccupation et en ce sens, plusieurs espaces favorisant les échanges et la libre expression ont été mis en place depuis le début du projet: tables de concertation, forums de discussion, événements multidisciplinaires regroupant la population, les institutions privées de la province et les autorités gouvernementales (paroissiales, cantonales, provinciales et nationales).

Un aspect fondamental du projet était la pleine participation des bénéficiaires aux prises de décisions qui les concernent suite à des consultations effectuées par le partenaire. Aussi, les ateliers de formation pratique et théorique qui ont fait partie intégrante du projet ont permis d’outiller les populations sur les quatre thèmes du projet : gestion inclusive par bassin versant, sécurité alimentaire et commercialisation solidaire, renforcement organisationnel et égalité entre les sexes.

Ainsi, les femmes et les hommes concernés sont en mesure de devenir des acteurs de leur propre développement durant la mise en œuvre du projet grâce aux formations, aux informations et aux apprentissages techniques auxquels ils et elles sont exposés. Les initiatives qui ont eu cours tout au long du projet, telles les réunions communautaires participatives, les voyages d’échange et d’observation afin de constater les réussites de projets dans d’autres provinces du pays ainsi que les corvées (mingas) agricoles ponctuelles ont motivés les bénéficiaires et consolidés les acquis qui permettront la continuité des activités et assureront une réelle prise en charge après juin 2014.

Il faut également spécifier que le personnel technique forestier et agricole équatorien engagé dans le projet, sous la supervision de Fondation MARCO, est essentiel au bon déroulement des activités qui sont mises de l’avant pour atteindre les résultats souhaités. En effet, c’est cette équipe professionnelle qui a assuré un suivi rigoureux des travaux de production agricole, de plantation et d’aménagement du territoire et qui a accompagné les populations locales au quotidien.

Principales activités

  • Portrait de la population des deux zones du projet (Juan de Velasco et Cebadas), par le biais de groupes de discussion et de questionnaires ainsi que recension des plans de développement et de gestion des terres pour connaître la situation économique et environnementale de chaque communauté;
  • Socialisation du projet dans chaque communauté, informant les bénéficiaires sur l’importance du projet, de sa contribution à l’amélioration des conditions de vie et de son impact régional en en matière de conservation des ressources;
  • Ateliers de participation avec les dirigeants et dirigeantes des communautés ainsi que les organismes publics et privés de développement afin d’optimiser les ressources humaines;
  • Développement de plans semestriels pour le projet et ce, pour chaque région et chaque communauté;
  • Réunions de planification mensuelles, semestrielles et annuelles afin de mesurer les progrès, les problèmes, les conflits et les projections des sous-projets et de proposer des solutions de rechange et des corrections;
  • Formations dans chaque communauté sur différents sujets en lien avec les axes principaux du projet : gestion durable des ressources, renforcement socio-organisationnel, sécurité alimentaire et commercialisation solidaire et l’égalité entre les sexes;
  • Formation spécifique de gestionnaires environnementaux locaux (Garde parque), dans les zones d’incidence du projet pour améliorer leur participation sur le territoire;
  • Voyages d’échange d’expériences, avec les agriculteurs et agricultrices des deux zones visées, par des visites de projets réussis dans d’autres provinces pour motiver leurs actions;
  • Mise en place de systèmes agroforestiers et de systèmes de production durables pour tous les bénéficiaires en fonction de leur territoire par le biais de réunions communautaires où se planifient et se définissent les activités à mettre en œuvre (unités de production durables liées aux cultures de légumes, de légumineuses, de tubercules andins, de fruits andins, de truite, de cochons d’Inde ainsi que conseils pour l’élevage bovin et la production laitière);
  • Renforcement de la commercialisation solidaire et associative par la mise en place de stratégies de mise en marché telles que les foires publiques et deux centres de traitement et de vente des produits agricoles;
  • Réalisation d’évènements de sensibilisation à la protection de l’environnement et à la gestion des déchets à l’intention de la population urbaine de Riobamba;
  • Acquisition d’un programme Système d’information géographique (SIG), outil utile pour le zonage du territoire et la gestion de l’environnement;
  • Échange de connaissances de certains membres de l’équipe technique au niveau international et renforcement des capacités en matière de SIG;
  • Élaboration de politiques publiques dans les paroisses bénéficiaire afin d’encadrer et d’assurer la gestion durable des ressources naturelles ainsi que pour uniformiser la production agroécologique;
  • Implantation d’unités de production agricoles et d’élevage durables;
  • Formation institutionnelles pour l’organisme partenaire sur l’égalité entre les sexes dans les projets de développement;
  • Création d’une politique institutionnelle de l’égalité avec la participation de l’équipe technique, des gouvernements paroissiaux autonomes décentralisés ainsi que des femmes et des hommes des communautés;
  • Création de deux comités urbano-ruraux pour la gestion des bassins versants hydrographiques, instances à travers lesquelles sont déterminées les actions institutionnelles et communautaires et la mise en œuvre de futurs projets;
  • Campagne de sensibilisation à la solidarité internationale dans les écoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean en compagnie de deux invités équatoriens bénéficiaires de notre projet et venant témoigné de leur expérience.

Principaux résultats

L’impact du projet est basé sur le renforcement des capacités organisationnelles, économiques et en respect de l’environnement des bénéficiaires. Cela en incluant l’égalité des chances pour  les femmes et les hommes et en assurant la durabilité. Grâce à ce projet, nous avons obtenu des résultats importants, en voici un résumé.

Les familles ont amélioré leurs conditions socio-économiques à la suite d’initiatives de productions agroécologiques locales et d’un renforcement de leurs connaissances. Il est important de souligner l’engagement des populations pour l’utilisation, la gestion et l’utilisation rationnelle des ressources naturelles, ces réalisations ont été possibles via des visites de projets réussis dans le pays et par une sensibilisation des populations locales. Les initiatives productives durables ainsi que la valorisation des produits traditionnels garantissent aux familles un accès à des aliments sains et nutritifs et procurent, par les excédents de production, un revenu supplémentaire par la commercialisation dans les foires citoyennes et durables. De plus, les communautés se sont organisées pour mieux gérer de façon durable les ressources et ont augmenté la participation citoyenne aux décisions dans les gouvernements de leurs territoires. Le projet a également mis au point des processus d’intégration et de coordination interinstitutionnelle dans les deux régions visées. À la suite des efforts conjoints, se sont formé deux comités de gestion territoriale qui donneront une durabilité au processus en question. De surcroît, des efforts ont été orientés vers la population urbaine à travers des événements de sensibilisation, en étant instigateur de forums citoyens et d’actions pour la gestion environnementale urbaine. Enfin, il est possible de remarquer une augmentation notable de la présence des femmes dans les lieux de décision locaux et dans les activités de renforcements (ateliers, formations, évènements, forums et réunions) en raison des formations et de la sensibilisation de l’équipe technique, des directions locales et des bénéficiaires sur les questions d’égalité entre les femmes et les hommes.